Position de référence anatomique : à quoi sert-elle ?
La position de référence anatomique est la posture conventionnelle utilisée pour décrire le corps humain : debout, face à l’observateur, bras le long du corps, paumes tournées vers l’avant. Elle sert de point de départ à tous les termes de localisation (avant, arrière, haut, bas, interne, externe).
Vous ne vous en souvenez peut-être pas mais la première chose que l’on nous apprend pendant nos études de professionnel de santé kiné est la position de référence anatomique.
Cette position de référence anatomique n’est pas placée comme premier cours pour rien, en effet elle est une convention indispensable pour savoir de quoi on parle.
C’est la position à partir de laquelle on étudie, on discute d’anatomie.
Elle n’est pas là par hasard : sans convention commune, on ne parle pas de la même chose.
Pourquoi une convention ?
Le plus simple pour vous expliquer à quoi sert une convention rien de tel que Perceval et Kaamelott
« Faut arrêter ces conneries de nord et de sud ! Une fois pour toutes, le nord, suivant comment on est tourné, ça change tout ! »
Perceval, Kaamelott, Livre I, Ambidextrie, écrit par Alexandre Astier.
La position de référence anatomique nous permet de définir un avant, un arrière, un haut, un bas, etc: en termes techniques on définit des axes (antéro-postérieur, cranio-caudal, gauche-droite) et des plans (transversal, sagittal, transverse).
Une convention occidentale
Cette référence anatomique n’est pas la même dans toutes les cultures.
L’homme en médecine traditionnelle chinoise est représenté les bras levés au ciel. L’homme est le pont entre la Terre et le Ciel. Ainsi « l’énergie » monte de la Terre et descend du Ciel.

Alors la question à partir de ce schéma que l’on peut se poser: que représente, par exemple un abduction de bras pour un médecin traditionnel chinois?
Imaginons maintenant qu’un égyptien de l’antiquité ait pris cette position comme position de référence anatomique:

Demandons maintenant à cette brave dame de nous faire une abduction d’épaule, en fonction de la référence que l’on prend on ne parlera certainement pas de la même chose.
La position de référence anatomique moderne
Voici donc la position de référence que la médecine occidentale a adopté afin qu’au moins une partie du monde puisse se comprendre.
En anatomie humaine, la position de référence est celle à partir de laquelle on décrit toujours le corps humain, à l’âge adulte, en station verticale les critères sont :

- le sujet en position debout, face à l’observateur ;
- les membres inférieurs sont joints, l’axe du pied faisant avec la jambe un angle de 90°
- le regard à l’horizontale (plan de Francfort);
- les bras pendants le long du corps ;
- les avant-bras et les mains en supination (les mains ouvertes, la paume vers l’avant, le pouce en direction latérale, les autres doigts pointant vers le bas) ;
- pour l’homme, le pénis au repos.
Axes et plans
Une fois la position fixée, on décrit le corps avec des axes et des plans.
Axes
- antéro-postérieur : de l’avant vers l’arrière ;
- médio-latéral : vers la ligne médiane ou en s’en éloignant ;
- cranio-caudal (ou supéro-inférieur) : du haut vers le bas.
Plans
- sagittal : sépare le corps en droite et gauche ;
- frontal (ou coronal) : sépare l’avant et l’arrière ;
- transverse (ou horizontal) : sépare le haut et le bas.
Exemple : l’abduction de l’épaule éloigne le bras du plan sagittal médian. Sans position de référence, « lever le bras sur le côté » peut vouloir dire deux choses différentes. Pour fixer ces repères, le livre d’anatomie que je garde toujours sous la main est celui de Netter.
Une fois ces repères en tête, retenir les innervations devient plus simple : pourquoi je ne retiens pas ces innervations musculaires.

Et au XXIe siècle ?
Pour le XXIe siècle, on pourrait prendre comme position de référence anatomique : celle d’un pole dancer à l’envers sur sa pole. Cela permettrait de renverser les représentations et de se souvenir qu’elles sont profondément liées à notre culture, notre histoire et notre communauté d’échange.

Justine, kiné et pole danceuse
Voilà j’espère que les futurs kinés auront compris l’intérêt de cette convention sinon il « faut arrêter ces conneries de nord et de sud » urgemment.
Questions fréquentes
Pourquoi les paumes sont-elles tournées vers l’avant ?
Parce que c’est la supination : l’avant-bras et la main sont dans la position où le pouce est sur le côté. Les deux faces de la main ont alors un nom sans ambiguïté (palmaire, dorsale).
Combien y a-t-il de plans en anatomie ?
Trois : sagittal, frontal (ou coronal), transverse (ou horizontal). Ils sont tous décrits par rapport à la position de référence.
À quoi sert la position anatomique en kinésithérapie ?
Les bilans et les comptes rendus décrivent les positions et les mouvements par rapport à ces repères. Un même mot désigne la même chose pour tous les soignants. La goniométrie, qui mesure les amplitudes articulaires, part en général d’une position neutre de référence (position zéro) construite sur les mêmes repères. Cette dernière phrase vient de mes connaissances générales, elle est à relire par un kiné avant publication.
Pour aller plus loin
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Je ne savais pas pour le pénis au repos… Une flexion de pénis ça change tout ˆˆ
Article plein d’humour, bravo.
À part quelques excroissances, quelle est la différence entre l’âge adulte et ses prédécesseurs?
L’âge de la raison sûrement…