le pratique basée sur les preuve

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6 commentaires

  1. Bonjour.
    Je me présente je m’appelle Philou je suis kinésithérapeute, ingénieur de recherche en biostatistiques et ingénieur en biomécanique tissulaire.
    Merci d’avoir publié cet article très intéressant sur le sujet de l’EBP.
    Je souhaitais réagir à vos propos car ceux ci soulèvent un problème que j’aperçois souvent et qu’il m’est permis de voir grâce à ma formation en statistiques.
    En effet, il faut savoir que bien que les RCT sont, certes la référence pour pouvoir démontrer un mécanisme explicatif d’un médicament (entre autres), ces derniers trouvent difficilement leur application en kinésithérapie. Ceci pour les raisons évoquées dans cet article. Mais aussi car la kinésithérapie ne peut se détacher de la relation soignant-soigné qui influence directement la qualité de notre traitement. C’est ce qu’on appelle l’alliance thérapeutique (très bon sujet à développer dans un prochain post ;) ).
    La kinésithérapie n’a à mon sens aucun intérêt à utiliser les RCT (en tout cas dans l’état actuel des connaissances dans le domaine), en revanche elle manque crument de recherche épidémiologique visant simplement à prouver son efficacité (indépendamment du mécanisme physiologique explicatif). Dans le cas de la recherche épidémiologique, bon nombre de problèmes évoqués dans cet article se trouvent alors caduques car contournables mathématiquement (analyses multivariées avec ajustement entre autre…).
    De plus, les statistiques se développent de sorte qu’il est de plus en plus admis et possible d’évaluer la part de subjectivité (induite par l’alliance thérapeutique) dans une étude.
    Fort de ces études d’efficacité, le corps kinésithérapique pourra alors peser (je l’espère) de tout son poids auprès des structures étatiques afin d’influencer le fonctionnement des politiques de santé. Car en effet, les politiques de santé sont construites entre autres sur la base des études statistiques (épidémiologiques et RCT). Et dans une époque pas si lointaine peut être pourrons nous justifier d’une revalorisation à la hausse des actes de kiné…
    Je pense donc qu’il est important pour nous, kinésithérapeute de se saisir de ces outils et de les employer dans notre profession afin d’augmenter la reconnaissance de notre métier auprès du corps médical et scientifique.
    Mais aussi d’aider nos confrères qui se retrouvent parfois en suspend sur la pertinence de l’utilisation de nouvelles techniques.
    Phil

  2. Bonjour Julien,

    Merci pour cet article très intéressant, et merci de lancer le débat. A la lecture du post j’ai été surpris par le fait que tu insistes énormément sur 1 facette de l’EBP qui est celle des preuves, ne cacherais tu pas une petite scientite (1) à travers cela ? Tu n’intègres que bien plus tard les attentes du patient, où tu dis « l’Evidence Based Medicine a ajouté aux preuves scientifiques et à l’expérience du praticien, une troisième dimension qui concerne les préférences du patient ». Ce n’est pas un ajout ça fait tout simplement partie intégrante du triptyque ! La décision clinique repose sur ces trois aspects qui vont ensemble. Étant à présent à plein temps dans la recherche je mesure le gap et la mauvaise interprétation que les cliniciens peuvent avoir de celle-ci. Tout ce qui est dit au départ de l’article est vrai, les études cliniques et fondamentales ne reflètent pas la réalité ! Et l’on peut tenter de se rapprocher au mieux des conditions il y aura toujours des paramètres qui n’iront pas. Mais la raison est simple le job de la recherche (clinique) est de créer de la connaissance, une sorte de base sur laquelle la pratique peu se développer. Et pour cela on a besoin de certitude, donc on travail sur des « modèles », pas des joli(e)s sujets, mais des groupes où l’on contrôle les différents paramètres afin de pouvoir conclure de manière juste. Oui on regarde dans un trou de souris mais je dirais plus que l’on regarde par tous les trous du gruyère. Et petit à petit on apporte des éléments. C’est un processus long et fastidieux mais c’est une base nécessaire.
    Après la phase de « qu’est-ce que je tire de cela et comment je le mets en pratique » c’est le dur labeur du clinicien. Lors de ma pratique j’étais frustré d’utiliser des technique dont (1) je ne connaissais pas les effets biologiques et physiologiques et (2) je ne savais pas si ça avait déjà été testé sur des patients. Le processus de diagnostic différentiel (où de raisonnement clinique selon le terme à la mode en ce moment) est quelque chose qui prend tu temps à assimilé et qui est en perpétuel changement. Car OUI il faut être en accord avec le patient, maîtriser ce qu’on lui propose (technique), et savoir ce que l’on fait (données de la recherche). Je ne suis donc pas d’accord sur le fait que l’on délaisse le patient en pratiquant l’EBP et l’approche centrée patient n’est pas autre chose elle en fait partie. Pourquoi vouloir séparer les choses alors que justement tout conduit à être rassemblé ! L’EBP est pour moi une méthode humaine et pleine de bon sens où le thérapeute propose et accompagne le patient de manière éclairée et ne cherche pas au contraire à ne faire que « ce qui est prouvé ». Je terminerai sur une note d’optimisme car je suis persuadé que tout cela évolue dans le bon sens avec du dialogue et des échanges ! Construisons des ponts entre nos visions des choses et non des murs (2) ! Encore merci à toi pour ton travail toujours intéressant à lire.
    Matthieu G.
    1- Gedda, M. (2017). Médecine factuelle, pratique factuelle et indice de factualité 1.0 (i-FACT). Kinésithérapie, la Revue.
    2- https://criticalphysio.net/2017/07/20/reflections-of-a-quantitative-researcher-on-the-cpn-salon/

  3. Article très bien écrit.
    Je me pose les mêmes questions et j’ai très souvent cette très désagréable impression d’avoir le cul entre 2 chaises lorsque je dois prendre une décision thérapeutique. Je me sens moins seule.

  4. Bonjour, il est toujours intéressant d’avoir conscience des limites d’une approche thérapeutique et l’EBP comme d’autres en possède. Mais il faut voir aussi les limites des attentes du patient qui se fonde sur son environnement sociolo-culturel et ses croyances pour se projeter dans ses soins. Dans ce cas une approche scientifique de notre profession en plus de faire évoluer nos pratiques peut aussi amener nos patients et toute la société à changer de regard sur nos techniques et chasser certaines idées reçues qui parfois polluent leurs attentes.

  5. Bonjour,

    Attention à ne pas tomber dans le piège, ce que tu décris n’est qu’une partie de l’EBP ! Et en fonction de chaque cas, pas la plus importante en plus. L’EBP est beaucoup moins rigide que tu ne sembles le croire

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