Arthrose : diagnostic radiologique, les 4 signes à connaître
Sur une radiographie, le diagnostic de l’arthrose repose sur quatre signes. Ils sont lus par le médecin ou le radiologue : le kiné ne pose pas ce diagnostic, mais il doit savoir les reconnaître pour suivre son patient : le pincement de l’interligne articulaire, les ostéophytes (« becs de perroquet »), les géodes sous-chondrales et l’ostéocondensation. Ces signes ne disent pas tout : ils ne sont pas toujours liés à la douleur ni à la gêne fonctionnelle.
L‘arthrose, c’est peut être bien la « pathologie » que nous voyons le plus dans nos cabinets ou du moins dont on entend le plus parler. Combien de fois j’ai entendu les patients me dire « j’ai mal depuis longtemps mais c’est pas prêt de s’arrêter car j’ai de l’arthrose ». « Et puis c’est héréditaire ma mère et ma grand mère étaient bourrées d’arthrose ».
Quand une séance commence comme ça, on est prêt à sortir les rames et pagayer longtemps longtemps pour faire comprendre que la douleur et l’arthrose, c’est comme les antibiotiques, c’est pas automatique! Je vous renvoie donc à l’article douleur et arthrose.
L’arthrose est une définition plus anatomique que clinique, on parle d’arthropathie chronique dégénérative.
Pour faire simple, la destinée de toutes les articulations est l’arthrose. C’est à dire la dégénérescence du tissu chondral. Donc si votre articulation s’use jusqu’à la moelle en 120ans, il y a peu de chance que vous soyez fonctionnellement gêné. En revanche, une articulation altérée jusqu’à la déformation à 40ans peut poser quelques soucis fonctionnels.
Les paradoxes de la radiographie
Comment diagnostiquer « l’arthrose », à la radiographie mon capitaine! Et pourtant, notons que le cartilage n’est pas radio opaque, c’est à dire qu’il n’apparait pas sur les radiographies.
Il est donc paradoxal, de faire une radiographie, à la recherche d’une maladie de cartilage, tissu que l’on ne peut pas voir à la radio!!!
Autre paradoxe, douleur, atteinte fonctionnelle et imagerie ne sont que rarement corrélés. Rappelons donc encore une fois, s’il le faut, l’imagerie ne présage en rien de la douleur ou de l’atteinte fonctionnelle!!
Les 4 signes du diagnostic radiologiques d’arthrose
Pincement de l’interligne
Le pincement de l’interligne articulaire traduit une diminution de hauteur du tissu cartilagineux. Ceci est souvent facile à voir sur les radiographies de genou (flèche blanche).

Ostéophytes
Ce sont ce qu’on appelle les fameux « os de perroquet » véritables excroissances osseuses se développant en marge de l’articulation arthrosique. Souvent là où siège une insertion capsulaire ou ligamentaire (flèche rouge). Pour certains, c’est la traduction d’une ostéogénèse trop importante.

Géodes sous-chondrales
Les géodes sous-chondrales sont des zones de raréfaction du tissu osseux sous chondral qui apparaissent souvent sur les zones de moindre contraintes articulaires (flèche rouge). Ces géodes se traduisent par une zone ovoïde plus foncée que le tissu osseux adjacent.

Ostéocondensation
L’ostéocondensation apparait au niveau des zones de plus grande contrainte articulaire (flèche blanche sur la radio). L’ostéocondensation apparait comme une zone très blanche. Cette zone est au niveau de l’interligne (souvent là où elle est la plus pincée). Elle intéresse donc les deux os en rapport.

Résumé en tableau
| Signe | Ce qu’il traduit | Où le voir souvent |
|---|---|---|
| Pincement de l’interligne | Diminution de hauteur du cartilage | Genou (flèche blanche sur l’image) |
| Ostéophytes | Excroissances osseuses en bordure de l’articulation | Là où s’insèrent capsule et ligaments |
| Géodes sous-chondrales | Raréfaction de l’os sous le cartilage | Zones de moindre contrainte |
| Ostéocondensation | Os plus dense là où la contrainte est la plus forte | Zone la plus pincée de l’interligne |
Questions fréquentes
L’arthrose se voit-elle sur une radiographie ?
Oui, par des signes indirects : le cartilage lui-même n’apparaît pas à la radio, mais ses conséquences sur l’os sont visibles.
Un pincement de l’interligne veut-il dire que j’ai mal ?
Non. L’imagerie et la douleur ne sont que rarement corrélées. Un pincement important peut être indolore, et une douleur forte peut aller avec une radio peu marquée.
Faut-il faire une radio pour une arthrose ?
Pas systématiquement. La décision dépend de l’examen clinique et de l’évolution, à voir avec le médecin.
Conclusion
En conclusion, l’arthrose est une pathologie complexe.Et elle ne se résume pas à ce que révèlent les radiographies. Bien que les signes radiologiques tels que le pincement de l’interligne, les ostéophytes, les géodes sous-chondrales et l’ostéocondensation soient des indicateurs importants de l’arthrose. Ils ne sont pas toujours en phase avec la douleur ou l’atteinte fonctionnelle du patient. Il est donc crucial de ne pas baser le diagnostic uniquement sur l’imagerie. Mais de tenir compte de l’ensemble des symptômes cliniques pour une prise en charge adaptée. La compréhension de ces paradoxes permet d’affiner la gestion thérapeutique et de mieux accompagner les patients dans leur parcours de soins.
Pour mieux comprendre la douleur : https://blogdukine.fr/expliquer-la-douleur-en-5-minutes/

En pleine période d’exams cette article m’a fait réviser ^^